Le physicien : Historique

Depuis son entrée à l’Ecole Polytechnique, Maurice Allais n’a jamais cessé de s’intéresser à la Physique. Ce n’est toutefois qu’à partir de 1950 que cet intérêt a dépassé le stade de travaux et de réflexions personnels, et a débouché sur des expérimentations, des conférences et des publications.

Maurice Allais  estimait  avoir ensuite consacré environ le quart de son temps à la Physique.

Si ses travaux expérimentaux proprement dits ont été limités à la période pendant laquelle il a pu disposer d’un  laboratoire (1953-1960), ses recherches théoriques et l’analyse d’expériences passées se sont poursuivies jusqu’à la fin de sa vie.

Il s’agit simplement de rappeler les principales étapes et les principaux faits marquants de cette période.

1 – 1953-1960 : Les expériences de Maurice Allais[1]

Les laboratoires utilisés par Maurice Allais avaient  été mis à sa disposition par des mécènes privés.

C’est à titre personnel que cette mise à disposition a été effectuée : aucun organisme n’avait mandaté Maurice Allais pour mener des travaux en physique.

▪  janvier- juin 1953 :

  • Expériences  ayant pour objet la recherche d’une éventuelle influence d’un puissant champ magnétique sur un pendule amagnétique (dans les locaux de la Compagnie Clémençon, à Paris).
  • Résultats ne permettant pas réellement de conclure (le champ magnétique mis en œuvre demeurait toutefois assez faible), mais découverte dans le mouvement du pendule d’anomalies apparemment inexplicables, et qu’il a paru à Maurice Allais extrêmement intéressant d’étudier de façon plus approfondie.

▪ octobre 1953 :

Mise à disposition de Maurice Allais d’un laboratoire à l’IRSID (Institut de Recherche de la Sidérurgie), à Saint-Germain, ainsi que de deux collaborateurs. L’IRSID disposait par ailleurs d’un atelier de mécanique très compétent, dont Maurice Allais pouvait utiliser les services.

 ▪  1954 :

  • Premières expérimentations utilisant un pendule de la conception de Maurice Allais (pendule « paraconique »).
  • En particulier  (9 juin au 9 juillet), première campagne d’observations continues sur une durée d’un mois, et première mise en évidence de composantes périodiques lunisolaires inexplicables dans le cadre des lois physiques en vigueur.
  • Lors de l’éclipse de soleil du 30 juin 1954, dont il s’est trouvé qu’elle a eu lieu pendant cette campagne, déviation extrêmement marquée du plan d’oscillation du pendule.

▪  1957 : Premières publications

Ce n’est qu’après plusieurs campagnes d’observations continues d’un mois, et après de nombreuses expérimentations destinées à l’analyse du fonctionnement du pendule, que Maurice Allais, ayant  acquis la conviction qu’il avait bien découvert des phénomènes nouveaux, a entrepris de le faire connaître, au début simplement par la communication de ses résultats à diverses personnalités, puis par des conférences (dont sa conférence du 22 février 1958 à l’Ecole polytechnique « Faut-il reconsidérer les lois de la gravitation ? Sur une nouvelle expérience en mécanique »), ainsi que par des publications (notamment 10 publications dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences de 1957 à 1959).

De façon générale sa démarche a consisté à susciter au maximum le débat, et, dans ce cadre, à fournir un maximum d’informations à tous ceux qui s’intéressaient à ses travaux (127 personnalités ont visité son laboratoire).

▪ 1958 :

  • Publication début 1958 dans la revue « Perspective X » de l’Ecole Polytechnique d’un mémoire récapitulant ses travaux jusqu’en 1957, sous le titre « Doit-on reconsidérer les lois de la gravitation ?».
  • Conférence le 22 février 1958 à l’Ecole Polytechnique.
  • Obtention de financements complémentaires de la part du Comité Scientifique de la Défense Nationale, puis du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).
  • Du 2 juillet au 1er août, observations conduites simultanément à Saint-Germain et, à 6 km de là, dans une carrière souterraine à Bougival, au moyen de 2 pendules identiques.
    – Sur la même période, observations optiques à Saint-Germain (visées sur mires).
    – Existence de cohérences tout à fait remarquables entre les observations réalisées au moyen des 2 pendules, ainsi qu’entre les observations mécaniques et optiques.

▪ 1959 :

  • Mise en évidence d’une direction variable avec le temps vers laquelle tend à être rappelé le plan d’oscillation du pendule (direction appelée par Maurice Allais « direction d’anisotropie de l’espace »), et suivi de cette direction pendant un mois (20 novembre-15 décembre). 2 pendules avaient alors été mis en œuvre simultanément à Saint-Germain, l’un à suspension « anisotrope », l’autre à suspension « isotrope ».
  • Observation de l’éclipse de Soleil du 2 octobre (observations continues du 28 septembre au 4 octobre).
  • Nouvelle campagne d’observations optiques (visées sur mires et collimateurs, à l’IGN).
  • Publication, dans la revue américaine « Aero-Space Engineering » , sur la recommandation de Werner von Braun, directeur de la NASA, de la traduction de son mémoire de 1958, sous le titre « Should the laws of Gravitation be Reconsidered ?».
  • Le prix Galabert de la Société Française d’Astronautique et le prix de la Gravity Research Foundation sont décernés à Maurice Allais.

▪ 1960 :

  • Dernière campagne  (16 mars-16 avril) d’observations de pendules en continu  sur un mois, dans les mêmes conditions qu’en novembre-décembre 1959.
  • Refus de  l’Académie des Sciences de toute nouvelle publication de Maurice Allais, malgré les soutiens très actifs dont disposait Maurice Allais au sein de cette institution.
  • Malgré les résultats très prometteurs obtenus, enterrement des demandes de financement au CNRS, qui seul était en situation de prendre durablement le relai de l’IRSID et du Comité Scientifique de la Défense Nationale : les travaux de Maurice Allais sortaient en effet du champ des missions de ces organismes, dont les interventions ne pouvaient être que des interventions de démarrage.
  • Faute de financement, Maurice Allais se résout à fermer son laboratoire de l’IRSID, et cesse toute activité expérimentale.

2 – 1961-1990 :

Cette période, qui vit en 1988 l’attribution du prix Nobel d’économie à Maurice Allais, n’a donné lieu qu’à  peu de publications.

Sont à  citer :

  • La publication, en 1962 (Bulletin de l’Institut International de Statistique) de la « Généralisation du test de Schuster au cas de séries temporelles autocorrélées dans l’hypothèse d’un processus de perturbations aléatoires d’un système stable ».
    Cette généralisation du test de Schuster avait été utilisée par Maurice Allais pour s’assurer de la réalité des composantes périodiques mises en évidence dans ses observations.
  • La publication en 1983 (Journal de la Société de Statistique de Paris) de son mémoire « Fréquence, Probablité et Hasard », qui a obtenu le Prix Robert Blanché 1983.
    Dans ce mémoire Maurice Allais montre notamment comment, sous des conditions assez peu restrictives, et qui peuvent se trouver couramment réalisées dans la nature, une somme de sinusoïdes peut simuler du bruit (le « Théorème T »). Ainsi ce qui est considéré généralement comme étant du « bruit » peut-il, si on l’analyse convenablement sur une durée suffisamment longue, se révéler comporter des régularités cachées.

3 – A partir de 1990 : Maurice Allais s’attache à faire connaître ses travaux

Ce n’est qu’à partir des années 1990 que Maurice Allais a entrepris de faire connaître l’ensemble de ses travaux en Physique, ce qui a débouché sur un certain nombre de publications, essentiellement dans la revue de l’Ecole Polytechnique (« la Jaune et la Rouge »), aux éditions Clément Juglar, et dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences.

On peut citer les dates suivantes :

▪ 1996 :

  • Publication dans la « Jaune et la Rouge » d’un premier article relatif aux observations de Dayton Miller : « Les Expériences de Dayton C. Miller (1925-1926) et la théorie de la Relativité ». Cet article, qui a donné lieu à débat au sein des lecteurs de cette revue, a été suivi de plusieurs autres.

▪ 1997 :

  • Publication aux éditions Clément Juglar de la première partie (« Les données de l’expérience ») de l’ouvrage majeur qu’est « L’ANISOTROPIE DE L’ESPACE » (sous-titre : « La nécessaire révision de certains postulats des théories contemporaines »).
    La deuxième partie « Compléments expérimentaux et théoriques », dont le plan est fourni dans la première partie, n’a malheureusement  jamais été publiée.
  • Publication dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences d’une première note relative aux observations de Dayton C. Miller.  Deux autres notes sur ce sujet ont suivi, en 1999 et en 2000, cette dernière étant la dernière note que Maurice Allais ait pu faire publier dans les Comptes Rendus  de l’Académie des Sciences.

▪ 1999 :

  • La NASA a entrepris de mettre en place une certaine coordination entre différents expérimentateurs répartis sur le trajet de l’éclipse du 11 août 1999.
    C’est à cette occasion que le phénomène découvert par Maurice Allais lors de l’éclipse du 30 juin 1954 a été appelé « l’effet Allais ».
  • Rédaction par Maurice Allais, à l’intention de la NASA, d’un mémoire : « The Allais effect  and my experiments with the paraconical pendulum :  1954-1960 ».

▪ 2001 :

  • Publication dans la revue « Fusion » d’un court article : « Sur une liaison entre l’électromagnétisme et la gravitation. L’action d’un champ magnétique sur le mouvement d’un pendule ». Cet article présente très succinctement les résultats des observations de janvier-juin 1953.

▪ 2004 :

  • Publication (éditions Clément Juglar) de « L’Effondrement de la Théorie de la Relativité » (sous-titre : « Implication irréfragable des données de l’expérience »).

▪ 2005 :

Publication des ouvrages suivants (éditions Clément Juglar) :

  • « De très remarquables régularités dans les distributions des planètes et des satellites des  planètes » ;
  • « Albert Einstein, un extraordinaire paradoxe».


[1] Pour plus de détails sur le déroulement de cette période particulièrement féconde, voir en particulier « l’Anisotropie  de l’Espace », p. 213-250 (chronologie p. 217-219)